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Profil de carrière – édition Jour de la Terre: Stephanie Berger, gestionnaire principale, Responsabilité d’entreprise et environnement chez Bell

Posted April 21, 2020 in Carrières, Chez Bell by 0
Stephanie Berger, directrice principale de la responsabilité d’entreprise et de l’environnement chez Bell, à notre campus de Montréal

Née au New Jersey, Stephanie Berger, gestionnaire principale, Responsabilité d’entreprise et environnement de Bell, a déménagé à Montréal avec sa famille à l’âge de deux ans. En grandissant, elle ne s’attendait pas à avoir une carrière dans la création d’un avenir durable pour notre planète et elle ne se dirigeait pas dans ce domaine d’étude non plus. La carrière de Stephanie a plutôt commencé de manière atypique pour une environnementaliste, soit sur Wall Street. Cependant, alors que sa carrière dans le domaine financier progressait, Stephanie a réalisé qu’elle avait besoin de plus : elle voulait créer un héritage. Pour ce faire, elle est retournée à Montréal afin d’obtenir sa maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Université McGill.

Grâce à d’heureuses coïncidences, elle a rencontré l’une des principales autorités mondiales en matière de développement durable, l’auteure de « Cause for Success: 10 Companies That Put Profit Second and Came in First », Christine Arena. Stephanie a dirigé une équipe de recherche et a collaboré au projet suivant d’Arena : « The High Purpose Company ». C’était la pièce manquante pour l’héritage de Stephanie, atteindre le sommet en éthique d’affaires : le développement durable et l’équilibre entre les personnes, la planète et le profit.

Stephanie a pris le temps de nous parler de ce domaine fascinant et nécessaire. Avec un grand charisme, la leader en développement durable de Bell est bien connue et respectée par tous les employés, ce qui est confirmé par les nombreuses salutations qu’elle adresse aux gens qu’elle croise. Elle prouve ainsi sa maîtrise de la portion « personnes » du développement durable. Comme vous allez le découvrir dans cette édition du Jour de la Terre des Profils de carrière, elle connaît également les deux autres piliers
en profondeur.

La force de Stéphanie est son entregent- un fait mis en évidence alors qu’elle rencontre l’une de ses nombreuses connaissances au cours de notre mini-tournée du campus de Montréal.

Parlez-nous un peu de votre rôle chez Bell.

Stephanie Berger : Je me considère comme une meneuse de ban et une professeure pour les initiatives environnementales et de développement durable chez Bell. Mon travail est d’éduquer les membres de l’équipe et les leaders de l’entreprise sur la façon dont le développement durable est bon pour les affaires, mais aussi la raison pour laquelle il est essentiel pour l’avenir de toutes nos activités chez Bell.

Vous avez une expérience et des compétences uniques. Comment êtes-vous passée de Wall Street à la gestion du développement durable d’entreprise pour la première entreprise de télécommunications au Canada?

SB : Après ma première carrière à Wall Street, je suis revenue à Montréal pour retourner aux études pour obtenir ma maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Université McGill. Pendant mes études, j’ai fait des stages auprès d’organisations communautaires et l’un de mes projets était de soutenir l’organisation d’une conférence à l’école de commerce à propos de la responsabilité sociale d’entreprise. Pendant ce temps, mon collègue, Tolu, travaillait à convaincre l’auteure Christine Arena, qui avait écrit un livre intitulé « 10 Companies That Put Profit Second and Came in First », afin qu’elle prenne la parole lors de la conférence. On m’a demandé de m’occuper de la logistique entourant l’arrivée et le séjour d’Arena à Montréal. Évidemment, j’étais mise en copie lors d’envoi de courriels. J’ai lu tous les échanges par courriel et j’ai vu qu’Arena parlait de son prochain livre et de son intention de former une équipe à l’Université McGill. Lorsque Christine a atterri à Montréal, je lui ai demandé : « Si je forme une équipe de 10 personnes d’ici votre retour à l’aéroport après la conférence, pourrais-je la diriger? » Elle a dit oui et nous avons même écrit un livre ensemble, intitulé « The High Purpose Company ». C’était vraiment une question de chance.

En travaillant avec Arena, j’ai fait beaucoup d’introspection. Bien que je savais que la responsabilité sociale était essentielle à une entreprise, je n’avais aucune idée à quel point ça allait me toucher personnellement. Je ne mangeais pas bien, je faisais des brassées de lavage avec deux vêtements et je ne recyclais pas. Je sortais tout juste de Wall Street et je n’avais aucune pratique de développement durable dans ma vie personnelle. Je n’ai pas quitté Wall Street pour le développement durable; je suis partie parce que j’étais perdue. À l’époque, je ne savais pas que le développement durable allait devenir mon héritage, mais je suis heureuse maintenant puisque je sens que j’ai un plus grand objectif.

À quel moment est-ce que les initiatives écologiques sont-elles devenues une priorité chez Bell?

SB : En 1993. Cet été-là, il y avait des feux de pneus qui duraient deux semaines dans certaines régions du Québec, causant des dommages significatifs et de sérieux problèmes de qualité de l’air. Bell avait 14 000 véhicules sur la route cette année-là, ce qui signifie que nous avions aussi des ateliers mécaniques avec des pneus usagés qui traînaient un peu partout. Rapidement, nous avons réalisé qu’il s’agissait d’un risque. Par conséquent, des équipes se sont formées pour mettre en œuvre une gouvernance pour toute l’organisation avec l’intention d’atténuer les risques environnementaux associés à nos activités quotidiennes. Plusieurs de ces équipes existent encore aujourd’hui.

Votre équipe dirige-t-elle des initiatives écologiques ou votre priorité est-elle plutôt la sensibilisation? Pouvez-vous nous donner un exemple de l’un de vos projets?

SB : Nous faisons les deux. Par exemple, mon équipe soutient des programmes comme l’OPEQ, une initiative gouvernementale qui offre l’accès à des ordinateurs pour les écoles sous-financées, les garderies et les familles qui n’y ont pas accès. Nous menons aussi un programme qui fait partie d’un projet pilote lié aux ordures. Le projet vise à informer les gens de la façon et des raisons de trier leurs ordures. Il met en œuvre la technologie des capteurs IdO (Internet des objets) de Bell, ce qui fait que les camions à ordures ne visitent nos bureaux que lorsque le capteur indique qu’elles sont pleines au lieu de suivre un horaire défini comme c’est normalement le cas. Cela permet de réduire efficacement notre empreinte de carbone.

Quel a été le plus grand changement depuis que vous travaillez avec cette équipe?

SB : Quand je suis arrivée il y a sept ans, l’équipe était composée majoritairement de gens avec de l’expérience en biologie ou en études environnementales; j’ai fait partie de la première vague d’étudiants en commerce à me joindre. Aujourd’hui, un avocat fait partie de notre équipe et au moins la moitié d’entre nous ont de l’expérience en commerce. Cette diversité a permis d’améliorer notre capacité à communiquer et à convaincre les autres, nous permettant d’éviter le paradigme erroné stipulant qu’il est impossible de faire de l’argent en étant durable. Les consommateurs changent leur perception face aux entreprises et les entreprises qui posent des gestes qui affectent de façon négative la durabilité de l’environnement sont tenues responsables. D’autre part, les consommateurs récompensent les entreprises qui posent les bons gestes.

En considérant votre expérience sur Wall Street et chez Bell : les investissements écologiques sont-ils pris au sérieux?

SB : Oui. Les investisseurs reconnaissent que c’est mieux à long terme lorsque les entreprises ont comme priorités (1) l’impact social, (2) l’impact environnemental et (3) le profit de ce qu’ils font; ces trois éléments gouvernent le développement durable. C’est comme un diagramme de Venn : ce sont les trois cercles qui se croisent avec, au centre, le développement durable. Si vous privilégiez deux éléments, vous allez avoir un déséquilibre qui va créer une perturbation du système.

La technologie a-t-elle une empreinte de carbone?

SB : Elle en a une. Cependant, il ne faut pas oublier que l’offre de Bell est en fait aussi une solution pour une économie propre et faible en carbone. Lorsque nous virtualisons un serveur, par exemple, nous sommes plus efficaces avec les ressources physiques. Si un serveur chez Bell héberge trois serveurs de clients, moins de serveurs sont fabriqués.

Puis, il y a la question de la croissance incessante de la population mondiale et de la surconsommation des ressources, pour laquelle nous avons aussi une solution. Par exemple, lorsqu’un agriculteur utilise les services IdO (Internet des objets) de Bell sur sa terre, il n’a pas à se lever chaque matin pour arroser ses plants puisque la technologie l’avise lorsqu’il est nécessaire d’arroser. Cela permet d’économiser de l’eau, du combustible fossile et du temps, ce qui contribue à une meilleure qualité de vie de l’agriculteur.

Stéphanie se débarrasse de déchets électroniques à l’aide d’une des stations mises à la disposition de nos employés dans nos différents sites.

Quelles sont les initiatives écologiques de Bell dont vous êtes le plus fière?

SB : Nous faisons plusieurs bonnes choses. Par exemple, notre utilisation de la technologie numérique et les options de travail flexible permettent aux membres de réduire leur empreinte de carbone, l’utilisation des sacs faits à base de plantes dans nos magasins permet de réduire la consommation de plastique, et l’absorption des frais de gestion environnementale par l’entreprise au lieu des consommateurs sont quelques initiatives importantes.

Cependant, notre plus grande réussite à ce jour est la connexion entre nos finances et la durabilité de l’environnement à long terme. Le FSB (Financial Stability Board), une organisation internationale qui vise à aider à stabiliser l’économie mondiale, a mentionné que nous devons créer le TCFD (Task Force on Climate-Related Financial Disclosures) pour encourager les entreprises à comprendre l’impact des gaz à effet de serre et du changement climatique sur leurs modèles d’affaires. En résumé : le changement climatique s’effectue présentement et nous voulons savoir ce que vous faites à ce propos. Qu’arrive-t-il si le niveau de l’eau augmente et que cet édifice est inondé par 0,6 mètre (2 pieds) d’eau? Votre interrupteur principal est inaccessible. Qu’arrivera-t-il si d’ici 2035, les températures de Montréal ressemblent à celles du Tennessee, comment les systèmes vont-ils refroidir vos serveurs? À quoi ressemble votre plan stratégique à long terme?

Bell a traité du sujet dans le Rapport 2018 sur la responsabilité sociale de l’entreprise l’an dernier. Cependant, cette année, nous traitons des finances. C’est exceptionnel puisque ce n’est pas une initiative unique. Elle requiert plutôt de connecter le développement durable et le cœur de notre modèle d’affaires afin de comprendre l’impact holistique grâce à nos renseignements financiers, qui sont le plus important rapport que nous produisons.

Quelle est la relation entre le personnel actuel et le changement vers des initiatives écologiques?

Quelle est la relation entre le personnel actuel et le changement vers des initiatives écologiques?

SB : Les valeurs du personnel ont changé; les employés veulent travailler pour une entreprise qui démontre qu’elle partage les mêmes valeurs et qui offre un travail significatif et pertinent. Au fil du temps, la durabilité de l’environnement a gagné en importance alors que les données démographiques du personnel changent. Les employés hautement performants et novateurs sont plus susceptibles de rester s’ils se voient dans les valeurs de l’entreprise et comprennent la façon dont leur travail contribue au développement durable et à l’amélioration de la société.

La technologie gouvernera-t-elle le développement durable au Canada?

SB : La technologie, comme l’agriculture intelligente et les villes intelligentes, nous permettent de prendre de meilleures décisions quant à la façon dont nous interagissons avec l’environnement et traitons nos ressources et continueront de le faire. Cependant, les problèmes environnementaux concernent aussi les individus. Un choix simple, comme celui de trier vos ordures dans les bons bacs, fait une grande différence. Toutes les actions comptent, comme voter : vous devez agir pour que ça compte. Ce n’est pas toujours commode de faire la bonne chose, mais si nous sommes prêts à écouter et comprendre l’impact de nos choix, le désagrément en vaut la peine.


Merci de nous avoir accordé de votre temps et d’avoir partagé votre histoire avec nous, Stéphanie ! Votre passion pour l’environnement et votre connaissance approfondie du développement durable des entreprises sont une source d’inspiration pour nous tous.

Vous sentez-vous prêt à relever votre prochain défi professionnel ? Visitez notre site carrière pour connaître les possibilités qui s’offrent à vous.

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